AIMECESAIRE, Discours sur la NĂ©gritude, 1987 Ce discours prononcĂ© Ă l'UniversitĂ© internationale de Floride redĂ©finit la « NĂ©gritude ». Créé dans les annĂ©es 1930, ce terme controversĂ© visait Ă dĂ©noncer le colonialisme et Ă revaloriser la culture africaine. La NĂ©gritude, Ă mes yeux, nâest pas une philosophie.
AiméCésaire: Discours sur le colonialisme [Discourse on Colonialism] ( words). Bronwyn Winter (University of Sydney). Download PDF. Les psychologues, sociologues, etc. Additionally, he referred to Marxist theory and
LeDiscours sur le colonialisme d'AimĂ© CĂ©saire. AimĂ© CĂ©saire naĂźt Ă Basse-Pointe, en Martinique, le 26 juin 1913. Il fait ses Ă©tudes secondaires au lycĂ©e Victor-SchĆlcher dans le chef-lieu de Fort-de-France, oĂč son pĂšre est fonctionnaire au Bureau des impĂŽts. En 1931, il gagne une bourse pour poursuivre ses Ă©tudes Ă Paris.
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. Miscellaneous Prose by Aimé Césaire Published 2018-09-26 Click here to download Additional information about this document Property Value Authors Aimé Césaire Title Discours sur le colonialisme Sources Aimé CésaireDiscours sur le colonialisme1955; English translation 1957 Contributions n/a Published 2018-09-26 First posted on CODOH Sept. 26, 2018, 835 Last revision n/a Comments n/a Appears In Downloads Books French Effects War Miscellaneous Prose Mirrors n/a Download n/a
1A-t-on vraiment lu le Discours sur le Colonialisme ? Discours politique et idĂ©ologique ? Manifeste contre le colonialisme ? Sans rĂ©cuser ces lectures, je propose de le considĂ©rer aussi comme un tĂ©moignage de divers aspects de la pensĂ©e et de lâart cĂ©sairiens, et, ce faisant, de situer lâĂ©crivain au point de convergence de lâengagement politique et de la pratique littĂ©raire. Le Discours et lâactivitĂ© politique de CĂ©saire 2DĂšs 1945, CĂ©saire sâengage ardemment dans la vie politique sans pour autant nĂ©gliger lâactivitĂ© poĂ©tique. Maire de Fort-de-France, dĂ©putĂ© communiste de la Martinique, il milite en faveur de la dĂ©partementalisation, terme quâil prĂ©fĂšre Ă celui dâassimilation. Il est lâun des promoteurs de la loi de dĂ©partementalisation, votĂ©e en 1946. Mais sa dĂ©ception est rapide et, la loi Ă©tant appliquĂ©e avec une lenteur extrĂȘme, il ne tarde pas Ă sâĂ©loigner Ă la fois de la culture occidentale Europe, je donne mon adhĂ©sion Ă tout ce qui nâest pas toi », Ă©crit-il alors et du Parti communiste auquel il reproche de se dĂ©sintĂ©resser de la spĂ©cificitĂ© des problĂšmes coloniaux, au profit de la lutte des classes et du combat contre le capitalisme 2 Lettre Ă Maurice Thorez » ; publiĂ©e dans PrĂ©sence africaine en 1956, la Lettre » est citĂ©e int ... [N]otre lutte, la lutte des peuples colonisĂ©s contre le colonialisme, la lutte des peuples de couleur contre le racisme est beaucoup plus complexe â que dis-je ? dâune tout autre nature que la lutte de lâouvrier français contre le capitalisme, et ne saurait en aucune maniĂšre ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une partie [de la lutte des classes]2 » GenĂšse et publication du Discours 3Son Discours sur le Colonialisme, publiĂ© en 1950 pour la premiĂšre fois, dans la revue RĂ©clame est une Ćuvre de circonstance et de commande 3 Propos rapportĂ© par G. Ngal dans AimĂ© CĂ©saire, un homme Ă la recherche dâune patrie, PrĂ©sence Afri ... Câest un Ă©crit de circonstance [...] Contrairement Ă ce que lâon croit, ce nâest pas un discours que jâaurais prononcĂ©. Un jour une revue de droite me demanda un article sur la colonisation - une revue qui croyait que jâallais faire lâapologie de lâentreprise coloniale. Comme on insistait, jâai rĂ©pondu dâaccord, mais Ă condition de me laisser la libertĂ© de dire ce que je pensais. RĂ©ponse affirmative. Alors, jâai mis le paquet et jâai dit tout ce que jâavais sur le cĆur. CâĂ©tait fait comme un pamphlet et un peu comme un article de provocation. CâĂ©tait un peu pour moi lâoccasion de dire ce que je parvenais pas Ă dire Ă la tribune de lâAssemblĂ©e nationale3 » 4Ce texte est, en effet, lâaboutissement du vain combat menĂ© par CĂ©saire Ă lâAssemblĂ©e. 1950 y a Ă©tĂ© pour lui une annĂ©e dâactivitĂ© intense et il a tentĂ© plus de quinze fois de faire entendre un point de vue cohĂ©rent pour dĂ©fendre la Martinique et dĂ©plorer lâĂ©chec de la dĂ©partementalisation. Mais il nâa pu que prendre acte de sa solitude et de lâincomprĂ©hension gĂ©nĂ©rale de ses collĂšgues. En tĂ©moigne ce bref dĂ©bat » 4 CitĂ© par G. Ngal dans Lire le Discours sur le Colonialisme, op. cit., p. 28 M. PaimbĆuf Que seriez-vous sans la France ?M. CĂ©saire Un homme Ă qui on nâaurait pas essayĂ© de prendre sa libertĂ©...M. Theetten Câest ridicule !M. Caron Vous ĂȘtes un insulteur de la patrie !M. Bayrou Vous avez Ă©tĂ© bien heureux quâon vous apprenne Ă lire !M. CĂ©saire Ce nâest pas vous, M. Bayrou, qui mâavez appris Ă lire, câest grĂące au sacrifice de milliers et de milliers de Martiniquais, qui ont saignĂ© leurs veines pour que leurs fils aient lâinstruction et pour quâils puissent la dĂ©fendre un jour4 » 5 Ed. PrĂ©sence africaine, 1955. Câest cette Ă©dition, souvent reprise sans changement, qui sert de rĂ© ... 5La publication du Discours passe inaperçue seules lâHumanitĂ© et Justice en publient quelques extraits. Il faut attendre lâĂ©dition en volume, en 1955, pour que ce texte connaisse un rĂ©el retentissement5 Le Discours fut suivi, en 1956, de deux importants prolongements idĂ©ologiques, la confĂ©rence Culture et Civilisation », prononcĂ©e en Sorbonne devant le CongrĂšs des Artistes et Ăcrivains noirs publiĂ©e dans PrĂ©sence Africaine en novembre et la Lettre Ă Maurice Thorez », datĂ©e du 26 octobre, oĂč, posant entre autres le problĂšme de ses difficiles rapports avec le Parti communiste, CĂ©saire annonce sa dĂ©mission, sans rien renier, dit-il, ni du marxisme ni du communisme. En 1958, il fonde le PPM Parti Populiste Martiniquais et continuera Ă siĂ©ger Ă lâAssemblĂ©e comme non-inscrit ». Un rĂšglement de comptes 6Mon propos nâest pas dâentrer dans le dĂ©tail de ce contexte idĂ©ologique et historique, mais de rendre compte de la dĂ©marche de CĂ©saire et de tout ce qui sous-tend lâagressivitĂ© de sa rhĂ©torique militante. AgressivitĂ© quâil assume pleinement dans une interview rĂ©cente Chaque application de la loi a Ă©tĂ© un combat presque humiliant. La France Ă©tait extrĂȘmement rĂ©ticente et jâai un peu lâimpression que nous avons fait un marchĂ© de dupes. Jâai pris acte de la dĂ©partementalisation et un beau jour jâai dit Merde ! » Câest tout. Tout le monde a compris. » Le Monde, 12 avril 1994. 7Les choses sont nettes. Dire Merde » nâest pas Ă©crire un manifeste idĂ©ologique ni un discours politique. Câest un rĂšglement de comptes. Quâon nâattende pas de CĂ©saire lâobjectivitĂ© dâun exposĂ© solidement charpentĂ©, destinĂ© Ă stigmatiser le colonialisme, Ă proposer un programme de rĂ©habilitation de lâhomme noir et de libĂ©ration des colonies. Les mĂ©faits du colonialisme, CĂ©saire et les peuples colonisĂ©s ne les connaissent que trop. Nul besoin de dĂ©monstration. Il lui suffira de rappeler des faits, de recueillir des tĂ©moignages sur les exactions des colonisateurs, sur la torture, sur les massacres de Madagascar, sur la guerre dâIndochine, sur lâaliĂ©nation culturelle et Ă©conomique, etc. De les rappeler Ă qui ? Non certes aux victimes, qui ont vĂ©cu la colonisation au quotidien. Aussi bien, quelle que soit la lecture qui a Ă©tĂ© faite du Discours comme manifeste anticolonial, les colonisĂ©s nâen ont-ils pas Ă©tĂ© les seuls destinataires, peut-ĂȘtre mĂȘme pas les principaux ? Telle est lâhypothĂšse Ă laquelle je veux mâattacher. 8Le fait que CĂ©saire est partagĂ© entre le dĂ©sir de proclamer tout ce quâil nâa pas Ă©tĂ© en mesure de dire Ă lâAssemblĂ©e nationale et de faire flĂšche de tout bois en Ă©coutant son tempĂ©rament de poĂšte irritable, ce fait explique sans doute lâĂ©vidente discordance entre la structure apparemment logique â je veux dire typographiquement â dâun texte qui se prĂ©sente avec une introduction, quatre chapitres et une conclusion, et dâautre part les explosions lyriques, les invectives, les mouvements de colĂšre, les nĂ©ologismes, les digressions, le cheminement Ă sauts et Ă gambades qui ne manquent pas de surprendre quiconque attendrait du Discours un dĂ©veloppement rationnel sur la question du colonialisme. Lâanticolonialisme et le marxisme comme fondements idĂ©ologiques et argumentatifs 9Ce texte repose nĂ©anmoins sur deux fondements idĂ©ologiques, Ă©troitement associĂ©s lâanticolonialisme et le recours au marxisme. La question coloniale 6 Cahier dâun retour au pays natal, PrĂ©sence Africaine, 1983, p. 32. 10Objet affichĂ© du Discours, la question coloniale en constitue Ă©videmment la trame la plus constante, sans pourtant donner lieu Ă un vĂ©ritable dĂ©bat. Compte tenu du destinataire prĂ©sumĂ© vu les conditions de publication, ce ne peut ĂȘtre que le lecteur occidental et du moment la dĂ©colonisation est en marche dans les annĂ©es cinquante, le problĂšme nâest pas envisagĂ© dans sa spĂ©cificitĂ©, il nâest que rarement posĂ©, comme un cas dâĂ©cole », dans une perspective rhĂ©torique, historique p. 8-9 ou didactique p. 19-20. La colonisation existe. Câest un mal. Inutile de revenir sur les faits historiques, sur sa genĂšse, son Ă©volution. Les faits sont lĂ , ponctuels, condamnĂ©s, explicitement ou non, par un homme qui ne veut pas jouer au thĂ©oricien. Ils sont supposĂ©s connus, mais non exploitĂ©s dans le sens du pathos ou de lâappel Ă la rĂ©volte. CĂ©saire ne sâĂ©crie pas, comme dans le Cahier dâun retour au pays natal, Assez de scandale6... ». Aucun appel Ă la nĂ©graille », pour laquelle la prise de conscience est assurĂ©e Les colonisĂ©s savent dĂ©sormais... » p. 8. 11Du dĂ©bat refusĂ© sur la colonisation, CĂ©saire ne retient que deux pĂ©titions de principes en rĂ©ponse au racisme ordinaire, lâapologie de lâidentitĂ©, de la dignitĂ© et surtout de la culture des Noirs, dans des domaines oĂč, prĂ©cisĂ©ment, lâOccident tend Ă les rejeter ; et dâautre part la certitude que le responsable de cet Ă©tat de faits, câest la sociĂ©tĂ© bourgeoise qui, Ă lâencontre de ses propres intĂ©rĂȘts et de sa morale a permis et entretient le colonialisme, sans sâapercevoir quâelle-mĂȘme est menacĂ©e par dâautres formes de colonialisme, Ă©conomique ou fasciste. Le marxisme 12DâoĂč, dans la quĂȘte cĂ©sairienne, via le rappel du rĂŽle de la bourgeoisie, le recours idĂ©ologique au marxisme, sans cesse prĂ©sentĂ© comme rĂ©fĂ©rence ou espĂ©rance. Une partie importante du Discours sâinscrit dans le droit fil de la pensĂ©e et de la polĂ©mique marxistes, mĂȘme si CĂ©saire a lâhabiletĂ© dâĂ©viter la profession de foi. Ses liens sâaffirment verbalement â attente de la RĂ©volution, p. 59 ; allusion Ă lâURSS, p. 29 ; Ă lâAfrique du RDA, p. 29 ; attaques contre lâAmĂ©rique, p. 5-58 ; persiflage contre les hommes politiques de la IVe RĂ©publique, Ă lâexception des dĂ©putĂ©s communistes, p. 25-26 ; critique de lâEurope de la dĂ©mocratie chrĂ©tienne, p. 13 â avec une vĂ©hĂ©mence et une alacritĂ© qui peuvent faire songer Ă CĂ©line 7 Violence verbale qui, au demeurant, caractĂ©rise une Ă©poque, et pas le seul CĂ©line. P. Fiala me rap ... Bigre, mes chers collĂšgues comme on dit, je vous ĂŽte mon chapeau mon chapeau dâanthropophage, bien entendu.Pensez donc ! quatre-vingt-dix mille morts Ă Madagascar ! LâIndochine piĂ©tinĂ©e, broyĂ©e, assassinĂ©e, des tortures ramenĂ©es du fond du Moyen Age ! Et quel spectacle ! Ce frisson dâaise qui vous revigorait les somnolences ! Ces clameurs sauvages ! Bidault avec son air dâhostie conchiĂ©e â lâanthropophagie papelarde et Sainte-Nitouche ; Teitgen, fils grabeleur en diable, lâAliboron du dĂ©cervelage - lâanthropophagie des Pandectes ; Moutet, lâanthropophagie maquignarde, la baguenaude ronflante et du beurre sur la tĂȘte ; Coste-Floret, lâanthropophagie faite ours mal lĂ©chĂ© et les pieds dans le plat [...]. Le beau travail ! Pas une goutte de sang ne sera perdue ! Ceux qui en font rubis sur lâongle nây mettant jamais dâeau. Ceux qui, comme Ramadier, sâen barbouillent - Ă la SilĂšne - la face ; Fonlupt-Esperaber, qui sâen empĂšse les moustaches genre vieux-Gaulois-Ă -la-tĂȘte-ronde ; le vieux Desjardins penchĂ© sur les effluves de la cuve, et sâen grisant comme dâun vin doux. La violence ! celle des faibles7 » Stigmatiser une crise de civilisation 8 Une civilisation qui sâavĂšre incapable de rĂ©soudre les problĂšmes que suscite son fonctionnement ... 13Le marxisme de CĂ©saire ne se limite pourtant pas Ă de telles violences verbales ou Ă des rappels de faits. Il sâaffirme aussi idĂ©ologiquement. Le combat anticolonialiste lui apparaĂźt indissociable du combat contre le capitalisme, le christianisme et le militarisme. Il place son espoir, aprĂšs la disparition dâune bourgeoisie dĂ©cadente, dans lâavĂšnement du prolĂ©tariat dans une sociĂ©tĂ© sans classe p. 59. Ă cet Ă©gard, ses propos reflĂštent fidĂšlement ceux de tous les militants communistes, au moment des guerres du Viet-Nam, de lâAlgĂ©rie, auxquelles il ne manque pas de faire allusion. Cette inspiration marxiste explique quâil passe dâune dĂ©fense des peuples colonisĂ©s Ă lâĂ©vocation de la menace de colonisation Ă©conomique que font peser les USA sur la planĂšte. On est dans la guerre froide ». La crise dĂ©noncĂ©e â coloniale ou Ă©conomique â ne saurait sâexpliquer exclusivement par un processus social, ni par le simple constat de la situation de fait imposĂ©e Ă lâhomme noir dans son identitĂ© et sa culture, bafouĂ©es par lâOccident. Il est significatif que si le dernier mot du Discours est prolĂ©tariat », le premier ne soit pas colonisation », mais civilisation »8 et que lâintroduction consiste en une mise en accusation de la civilisation europĂ©enne, dont lâĂ©vocation des abus du colonialisme, illustre, je dirai presque accessoirement, la perversitĂ©. La bourgeoisie en accusation 14Le Mal existe, sous des formes diverses, et câest bien une crise de civilisation qui en est Ă lâorigine. Une crise de civilisation dont la responsable est la bourgeoisie. Si lâon y regarde de prĂšs, on constate en effet, que la critique de celle-ci est constante, associĂ©e, incidemment, Ă une critique de ses alliĂ©s objectifs, la civilisation chrĂ©tienne p. 9, 12, 24 et lâarmĂ©e p. 10, 17. Bien quâelle ait Ă©tĂ© souvent, au cours de lâHistoire, un facteur de progrĂšs et de libĂ©ralisme, la bourgeoisie a cessĂ© de jouer ce rĂŽle et quel que soit le problĂšme posĂ© Ă la sociĂ©tĂ© contemporaine, elle mĂ©rite dâĂȘtre mise au premier rang des accusĂ©s. Câest ainsi quâelle est responsable de la permanence du fait colonial tellement conforme Ă ses intĂ©rĂȘts et que â chose plus grave encore â elle contribue Ă lâentretenir et Ă le justifier, Ă la fois par hypocrisie et par bonne conscience ». Pervertissant le concept mĂȘme dâhumanisme auquel elle ne cesse de se rĂ©fĂ©rer, elle agit ainsi par sottise ou aveuglement p. 30 et, plus souvent, par une soumission intĂ©ressĂ©e et inavouĂ©e au pouvoir Ă©conomique du capitalisme p. 22, 35, etc.. Elle contribue ainsi, sans en avoir conscience, Ă sa propre rĂ©gression, encourant le risque dâavoir Ă supporter la chosification » quâelle impose volontiers Ă autrui, sous les formes du nazisme et dâune sociĂ©tĂ© mercantile nĂ©ocolonialiste qui sâĂ©tablit dans le monde Et puisque vous parlez dâusines et dâindustries, ne voyez-vous pas, hystĂ©rique, en plein cĆur de nos forĂȘts ou de nos brousses, crachant ses escarbilles, la formidable usine, mais Ă larbins, la prodigieuse mĂ©canisation, mais de lâhomme, le gigantesque viol de ce que notre humanitĂ© de spoliĂ©s a su encore prĂ©server dâintime, dâintact, de non souillĂ©, la machine, oui, jamais vue, la machine, mais Ă Ă©craser, Ă broyer, Ă abrutir les peuples ? » p. 58. Les trompeuses certitudes de lâOccident 15Dans tous les cas, la dĂ©cadence morale et matĂ©rielle de la bourgeoisie est inĂ©luctablement liĂ©e au soutien quâelle apporte Ă la colonisation. Sous lâapparence dâune mission civilisatrice, la bourgeoisie est, comme par un choc en retour, contaminĂ©e par ce que le processus de colonisation contient de dĂ©-civilisation » la simple observation de la sociĂ©tĂ© coloniale qui Ă©mane de la bourgeoisie permet dâinduire que la sociĂ©tĂ© capitaliste Ă son stade actuel est incapable de fonder un droit des gens, comme elle sâavĂšre impuissante Ă fonder une morale individuelle ». 16Porteuse dâune apparente certitude morale, elle contribue Ă la nĂ©gation mĂȘme de la morale Jamais lâOccident, dans les temps mĂȘme oĂč il se gargarise le plus du mot, nâa Ă©tĂ© plus Ă©loignĂ© de pouvoir assumer les exigences dâun humanisme vrai, de pouvoir vivre lâhumanisme vrai, lâhumanisme Ă la mesure du monde. » p. 54. LâAmĂ©rique ou la RĂ©volution ? 17Comment donc combattre la redoutable influence dâune telle hydre, et, ce faisant, mettre fin Ă la toute puissance du Mal, Ă cette grande dĂ©gueulasserie » p. 58 que stigmatise CĂ©saire ? Peut-on attendre de la bourgeoisie quâelle ait un autre objectif que de persĂ©vĂ©rer dans son ĂȘtre, Ă©goĂŻstement, aveuglĂ©ment, en ignorant quâelle court Ă sa perte dans cette politique la perte de lâEurope elle-mĂȘme est inscrite ». Perte, vaticine CĂ©saire, qui sâaccomplira dans le triomphe du Barbare, du Barbare moderne [Ă ] lâheure amĂ©ricaine », faussement porteur dâune promesse de libĂ©ralisme. 18La seule espĂ©rance pourrait reposer â jây reviens â dans la RĂ©volution ; celle qui Ă lâĂ©troite tyrannie dâune bourgeoisie dĂ©shumanisĂ©e, substituera, en attendant la sociĂ©tĂ© sans classes, la prĂ©pondĂ©rance de la seule classe qui ait encore mission universelle, car dans sa chair elle souffre de tous les maux de lâhistoire, de tous les maux universels le prolĂ©tariat. » p. 59. Prendre les intellectuels au piĂšge de leur conscience et de leur culture 19Mais en attendant cette idĂ©ale union des prolĂ©taires de tous les pays, que faire ? Avec qui Ă©tablir un dialogue fĂ©cond ? Qui sont les chers amis » p. 58 que, tout au long du Discours, CĂ©saire veut Ă la fois informer, mettre en garde et se concilier, par tous les moyens possibles, sinon les intellectuels ? Ces intellectuels, souvent bourgeois dâorigine, ignorent quâils servent de caution Ă la bourgeoisie et ils mĂ©connaissent leur propre responsabilitĂ©. 20Le Discours, Ă la diffĂ©rence du Cahier, veut donner Ă penser, plutĂŽt quâĂ sentir. Ainsi sâexpliquent, par lâobjectif poursuivi et par la prise en compte de la situation rĂ©elle, certaines caractĂ©ristiques du fonctionnement de ce texte dâune part, le nombre Ă©levĂ© et la nature des citations qui illustrent le propos de CĂ©saire ; dâautre part, lâimportance accordĂ©e au jeu dialectique entre les bribes dâun raisonnement relativement abstrait et de faits concrets, indĂ©niables ; et enfin le caractĂšre de dialogue ad hominem, voire de complicitĂ©, de clins dâĆil, que prend ce non-plaidoyer » dâun intellectuel sâadressant Ă ses semblables. 21Le but est, au total, de prendre le lecteur intellectuel au piĂšge dâun examen de conscience â de mauvaise conscience â afin quâil se rende compte du rĂŽle de dupe que, dans la stratĂ©gie de la bourgeoisie, il joue comme alliĂ© objectif et parfois involontaire de celle-ci. Il conviendrait dâanalyser ici chacun de ses procĂ©dĂ©s, afin de voir fonctionner la dialectique de CĂ©saire. Faute de pouvoir ici proposer lâĂ©dition critique que mĂ©riterait ce texte riche en allusions diverses au point dâen devenir parfois obscur aujourdâhui, je me contenterai de prendre quelques exemples, montrant bien que le destinataire principal en est le lecteur intellectuel. Le jeu des citations et des rĂ©fĂ©rences 22En multipliant citations et rĂ©fĂ©rences, CĂ©saire qui a beaucoup lu, entend sâappuyer sur un matĂ©riau que le lecteur cultivĂ© ne saurait rĂ©cuser puisquâil Ă©mane de la sociĂ©tĂ© Ă laquelle il appartient et quâil correspond au fonctionnement dâune culture livresque. La plupart de ses rĂ©fĂ©rences seraient sans intĂ©rĂȘt dans un texte destinĂ© Ă un lecteur non initiĂ© aux codes et valeurs culturels de lâOccident, disons, pour faire court, Ă un lecteur noir. En revanche, pour parler Ă lâintellectuel occidental dâun problĂšme quâil connaĂźt mal â les mĂ©faits de la colonisation â, citations et rĂ©fĂ©rences lâintroduisent dans un domaine et un mode de penser qui lui sont relativement familiers, celui de ses semblables, et visent Ă mettre en Ă©vidence les erreurs de ces derniers. 23Sa thĂšse Ă©tant que le parti intellectuel » est engagĂ© comme caution, sinon comme acteur, dans le fait colonial, CĂ©saire, par souci dâefficacitĂ©, ne fait guĂšre appel Ă la caution dâĂ©crivains manifestement engagĂ©s de son cĂŽtĂ© tel est le cas de Frobenius, incidemment de Baudelaire, et surtout de LautrĂ©amont dont lâ implacable dĂ©nonciation dâune forme trĂšs prĂ©cise de sociĂ©tĂ© » lui semble mĂ©connue en raison des commentaires occultistes et mĂ©taphysiques qui lâoffusquent » p. 45. Encore moins, a fortiori Ă des Ă©crits de Noirs la seule exception est Cheikh Anta Diop, dans une note ajoutĂ©e en 1955. En revanche, dans ses rĂ©fĂ©rences, toutes les composantes de la sociĂ©tĂ© et de la pensĂ©e bourgeoises » sont reprĂ©sentĂ©es, avec un Ă©chantillonnage dâabsurditĂ©s ou de monstruositĂ©s philosophes, sociologues, gĂ©ographes, hommes dâĂglise ou penseurs chrĂ©tiens, journalistes, militaires rĂ©pondent Ă son appel. 24Le choix mĂȘme des Ă©crivains citĂ©s est intĂ©ressant. Le lecteur de CĂ©saire sera dâautant plus sensible Ă lâabsurditĂ© de leur propos quâils Ă©manent dâhommes dont les noms lui sont familiers, en raison de leur place dans lâĂ©chelle des valeurs occidentales un LĂ©vy-Bruhl, un Caillois, un Renan, un Joseph de Maistre, un Quinet, voire le journaliste Yves Florenne, peu suspects les uns et les autres de racisme primaire, appartiennent Ă une intelligentsia française que CĂ©saire veut inquiĂ©ter, voire perturber. Dâautre part, il ne manque pas de noter, chaque fois quâil le peut, le lien de certains rĂ©fĂ©rents avec des groupes sociaux reprĂ©sentatifs des valeurs reconnues par la sociĂ©tĂ© bourgeoise, - lâArmĂ©e, lâĂglise, lâUniversitĂ©, Psichari, soldat dâAfrique », M. Jules Romains, de lâAcadĂ©mie française et de la Revue des Deux-Mondes », le R. P. Tempels, missionnaire et belge »... 25Ă partir de phrases bien choisies, parfois trop habilement extraites, convenons-en, de leur contexte, il leur assigne pour rĂŽle de rendre perceptibles lâignominie ou la sottise dâune sociĂ©tĂ© qui les consacre. MĂ©thode fastidieuse, sans doute, mais efficace puisque, au banc des accusĂ©s, en flagrant dĂ©lit, sont convoquĂ©s dâĂ©minents porte-parole dâune bourgeoisie dont, indirectement, ils illustrent lâinavouable consensus, en mĂȘme temps quâil confirment le postulat selon lequel la bourgeoisie en tant que classe est condamnĂ©e [...] Ă prendre en charge toute la barbarie de lâhistoire » p. 346. Les intellectuels pris au piĂšge 26DĂšs lors, lâobjectif de CĂ©saire est de convaincre les intellectuels quâils se sont fait piĂ©ger ; il est moins de les mettre en accusation que de leur faire entrevoir quâils se sont fait manĆuvrer et que, malgrĂ© quâils en aient, ils se font les soutiens involontaires dâune mauvaise cause Nâessaie pas de savoir si ces messieurs sont personnellement de bonne ou de mauvaise foi, sâils sont personnellement bien ou mal intentionnĂ©s, sâils sont personnellement, câest-Ă -dire dans leur conscience intime de Pierre ou Paul, colonialistes ou non, lâessentiel Ă©tant que leur trĂšs alĂ©atoire bonne foi subjective est sans rapport aucun avec la portĂ©e objective et sociale de la mauvaise besogne quâils font de chiens de garde du colonialisme. » p. 32. 27Pour les convaincre, il va soit mettre sous leurs yeux telle phrase qui, isolĂ©e de son contexte, ne peut que susciter la rĂ©probation dâun honnĂȘte homme, soit les mettre en face de leurs contradictions, voire de leur lĂąchetĂ©. Ainsi des variations » de LĂ©vy-Bruhl, de Gourou qui, aprĂšs avoir exprimĂ© des vues justes », donne lâimpression de filer doux », par prudence p. 34-35. Parfois aussi il leur fait entrevoir les redoutables prolongements dâune pensĂ©e philosophique perverse. Ainsi du PĂšre Tempels qui porte un regard favorable sur le monothĂ©isme indigĂšne parce, de cette façon, le Dieu bantou sera garant de lâordre colonialiste belge et [que] sera sacrilĂšge tout bantou qui osera y porter la main » p. 37 ; de Mannoni qui utilise la psychanalyse pour, louant le respect de lâAncĂȘtre chez les Malgaches, leur proposer, tacitement, un pĂšre de substitution le colonisateur p. 38 ; ainsi de Caillois, dĂ©fenseur des cultures indigĂšnes, sous la forme de la musĂ©ographie et de lâethnographie, sans se rendre compte quâ il eĂ»t mieux valu laisser [les indigĂšnes] se dĂ©velopper que de nous en donner Ă admirer, dĂ»ment Ă©tiquetĂ©s, les membres Ă©pars, les membres morts » p. 52. On pourrait multiplier les exemples. Chacun des textes que cite CĂ©saire, avec une connotation tantĂŽt ironique, tantĂŽt rĂ©probatrice, est analysĂ© avec acuitĂ© en vue de persuader. Le discours du pamphlĂ©taire se double de celui dâun redoutable dialecticien qui entraĂźne le lecteur dans une sorte de tourbillon. La dialectique cĂ©sairienne 28Alternant avec des pages vĂ©hĂ©mentes, on trouve des raisonnements assez rigoureux qui ont eux aussi pour but de retenir lâattention, puis lâadhĂ©sion des intellectuels. Câest ainsi quâau principe dâautoritĂ© ou aux sensibleries dont il sait la vanitĂ©, CĂ©saire prĂ©fĂšre une mĂ©thode plus subtile consistant Ă dialoguer avec le lecteur, Ă lâintroduire dans le dĂ©bat aussi discrĂštement que possible, sans didactisme excessif. Il cherche Ă convaincre Ă force dâĂ©vidences ou dâinterprĂ©tations personnelles destinĂ©es Ă dĂ©monter le mĂ©canisme de son raisonnement. Il sâefforce de dĂ©crypter les pensĂ©es secrĂštes des Ă©crivains mis en cause tout en sâabritant lui-mĂȘme derriĂšre des formules du genre il vaudrait la peine dâĂ©tudier... p. 12, Ă©tait-il inutile de... p. 16, je sais tout ce quâil y a de fallacieux... p. 56. 29Ou encore, en rĂ©ponse Ă des propos rapportĂ©s parce quâils lui semblent arbitraires, il oppose des faits historiquement incontestables ainsi Ă propos de lâesprit scientifique, p. 50 ou des faits de civilisation avĂ©rĂ©s chez les colonisĂ©s p. 30. 30Habile dialecticien ou pĂ©dagogue ? ou maĂŻeuticien ? il tente aussi dâemporter lâadhĂ©sion en adoptant un parti-pris de transparence, en mettant en lumiĂšre son propre cheminement, le progrĂšs de sa pensĂ©e, voire son embarras ou ses hĂ©sitations. Il espĂšre ainsi prĂ©venir la critique et conserver Ă son discours Ă©crit le caractĂšre oral quâil aurait pu ou dĂ» avoir sâil avait Ă©tĂ© prononcĂ© Ă lâAssemblĂ©e nationale. Bien des formules tĂ©moignent de son dĂ©sir de maintenir un contact avec un lecteur/auditeur quâil imagine Ă la fois attentif et surpris Je fais..., pour ma part, si jâai rappelĂ© [...], câest parce que je pense... p. 17, je parle de..., je cherche vainement oĂč jâai pu tenir de tels discours... p. 22, dans cet ordre dâidĂ©es, je cite... p. 32, nâallons pas trop vite... p. 33, je nâexagĂšre rien... p. 40 », etc. 31Dans tous les cas, si sa volontĂ© dâemporter lâadhĂ©sion est manifeste, il Ă©vite dâapparaĂźtre comme un doctrinaire. Mettre le lecteur face Ă lâĂ©vidence ne suffit pas ; celui-ci doit ĂȘtre amenĂ© Ă reconnaĂźtre le rĂŽle que lui fait jouer une bourgeoisie tout aussi machiavĂ©lique que lui-mĂȘme, lecteur, peut ĂȘtre naĂŻf. Les attaques menĂ©es contre Caillois et Florenne, Ă©crivains peu suspects, le premier surtout, de collusion avec le colonialisme, rĂ©pondent Ă ce dĂ©sir de dĂ©mystifier la relation bourgeoisie/intelligentsia, câest-Ă -dire, en fin de compte, dâĂ©loigner de cette bourgeoisie ceux qui involontairement lui apportent leur caution intellectuelle, pour la laisser seule face Ă sa sottise et Ă son Ă©goĂŻsme. Lâobjectif est de susciter une rĂ©sistance de lâintĂ©rieur. Le martĂšlement du poĂšte militant 32Pour cela, il faut que le lecteur se sente en confiance, quâil soit comme dĂ©sarmĂ© par la spontanĂ©itĂ© de CĂ©saire. Aussi ce dernier refuse-t-il de rĂ©duire le Discours Ă un dĂ©bat politique. Câest aussi la prise de parole dâun homme, dâun Ă©crivain profondĂ©ment engagĂ© et tĂ©moin de son temps. La coexistence de deux comportements, lâun idĂ©ologique, lâautre personnel, lui donnent son allure de pamphlet, mais paradoxalement cette intrusion du tempĂ©rament de CĂ©saire contribue Ă accroĂźtre la force dĂ©monstrative du Discours, en discordance avec lâapparente rigueur scientifique quâil aurait souhaitĂ© donner Ă ce message adressĂ© aux intellectuels europĂ©ens. 9 Voir la description de quelques-uns de ces procĂ©dĂ©s chez G. Ngal, Lire le Discours sur le Colonial ... 10 Ces deux textes sont citĂ©s intĂ©gralement dans le livre de Ngal. 33Le sujet est trop brĂ»lant pour que la fougue du poĂšte respecte lâunitĂ© de ton qui eĂ»t convenu au politique. Injure, sarcasme, ironie, fausse bonhomie de commentaires insidieux, Ă©loquence contrĂŽlĂ©e ou nuancĂ©e de familiaritĂ© forme dâanti-Ă©loquence, jaillissement de nĂ©ologismes truculents et percutants, martĂšlement des idĂ©es et apparente prise de distance par rapport Ă elles autant de procĂ©dĂ©s qui auraient mĂ©ritĂ© une description plus minutieuse, hors de propos ici9 Leur accumulation est significative, surtout si lâon compare le Discours Ă la fermetĂ©, voire Ă la rigueur du raisonnement cĂ©sairien dans les textes contemporains que sont les discours Culture et civilisation » et Lettre Ă Maurice Thorez »10 11 LâActualitĂ© de Franz Fanon, Actes du Colloque de Brazzaville, Karthala, 1986, p. 155-168. 34MĂȘme si le Discours est, idĂ©ologiquement, peu contestable et a Ă©tĂ© reconnu par les militants de la NĂ©gritude comme un texte fondateur, sa structure et son Ă©criture baroques », dĂ©concertantes parfois, ne sont pas le fait dâun doctrinaire malhabile Ă exposer sa pensĂ©e ou peu apte Ă contrĂŽler ses excĂšs de passion. Il sâinscrit dans le prolongement du cri lancĂ© dans le Cahier Accommodez-vous de moi. Je ne mâaccommode pas de vous ! » p. 33. Il relĂšve de ce que, Ă propos de Fanon, jâai appelĂ© une rhĂ©torique du combat11 ». 35Il associe une explosion lyrique, Ă mettre au compte de la poĂ©sie militante, et lâexposĂ© dâune certitude doctrinale. CĂ©saire nây est plus seulement lâhomme politique, ni le thĂ©oricien de la NĂ©gritude ce jaillissement dâidĂ©es passionnĂ©es et dâimages logiques fait un peu songer aux interminables et jamais stĂ©riles dĂ©bats entre intellectuels, comme CĂ©saire en pratiqua Ă Louis-le-Grand ou Ă lâĂcole normale, un dĂ©bat comparable Ă ceux qui, dans les mĂȘmes annĂ©es, opposĂšrent Sartre, Camus et tant dâautres, un dĂ©bat oĂč chacun, se sachant intellectuel â donc diffĂ©rent â, tente par tous les moyens de se faire entendre. Câest bien dans le parti intellectuel » que, adroitement ou non, mais, Ă coup sĂ»r, passionnĂ©ment, CĂ©saire a cherchĂ© le principal destinataire de son Discours...
Discourse on Colonialism is an essay by AimĂ© CĂ©saire, a poet and politician from Martinique . Discours sur le colonialisme â dâAimĂ© CĂ©saireâ. LâHistoire. Originally published as Discours sur le colonialisme by Editions Presence Africaine, COPYRIGHT From a AN INTERVIEW WITH AIMĂ CĂSAIRE. AimĂ© CĂ©saire Discours sur le colonialisme [Discourse on Colonialism] words. Bronwyn Winter University of Sydney. Download PDF. Author Arashibar Mazuzahn Country El Salvador Language English Spanish Genre Life Published Last 8 May 2017 Pages 13 PDF File Size Mb ePub File Size Mb ISBN 559-9-49548-790-1 Downloads 88669 Price Free* [*Free Regsitration Required] Uploader Digami De quelques mots convenus, on vous le poignarde. Le petit bourgeois ne veut plus rien entendre. Encore une fois, rassurez- vous! Rather than elevating the non-Western world, the colonizers de-civilize the colonized. Traduit en patois journalistique, on obtient du Faguet Que chacun fasse ce pour quoi il est fait, et tout ira bien. For some examples showing that this is possible, we can look to the Soviet Union â. Cesaire discusses the relationship between civilization and savagery and points out the hypocrisy of colonialism. Et le filtre ne laisse passer que ce qui peut alimenter la couenne de la bonne conscience bourgeoise. Et balaie-moi tous les obscurcisseurs, tous les inventeurs de subterfuges, tous les charlatans mystificateurs, tous les manieurs de charabia. Monthly Review Press, De belles phrases solennelles et froides comme des siscours, on vous ligote le Malgache. Tout le colonialismf y gagne Retrieved 23 September Quoi donc, sinon la charge du monde? Savoir la naissance de la chimie chez les Arabes. De la sculpture Shongo? He writes that Hitler differed in the eyes of the Europeans because he âapplied to Europe colonialist procedures which until then had been reserved exclusively for the Arabs of Algeriathe coolies of India and the niggers of Africaâ, meaning that, by persecuting white Europeans, Hitler produced violence most commonly colonialiske for non-white populations. Full text of âD iscours sur le colonialismeâ http De Gourou, son livre Et alors, je le demande Due to its âharsh tone and radical statementsâ, [8] the essay has been compared to âa declaration of warâ. Eh colonialise, oui, parlons-en. Retrieved from â https Le chiffonnier de Baudelaire He writes in poetic prose as, âa method of achieving clairvoyance, of obtaining the knowledge we need to move forwardâ. University of Miami, Les investissements massifs de capitaux! Pas une goutte de sang ne sera perdue! Mais alors, je pose la question suivante Oui ou non, ces faits sont-ils vrais? Caillois est en bonne compagnie. This page was last colonialismr on 14 Decemberat From Wikipedia, the free encyclopedia. Additionally, he referred to Marxist eiscours and criticized the â bourgeoiscapitalistic European culture and said that capitalism would always disintegrate into Nazismâ. Le chiffonnier de Baudelaire. An Independent Socialist Magazine Vous allez au Congo? Et le silence se fait profond comme un coffre-fort! Vrai ou pas vrai? FileAimĂ© CĂ©saire, Discours sur le â Wikimedia Commons Personne, que je sache, lorsque M. Views Read Edit View history. Je crois pouvoir le dire. Caillois entre en campagne. Mais il y a pour ces messieurs un malheur. Bon dos Junger et les autres. Caillois tient la rectification pour nulle et non avenue. Discourse on Colonialism French By using this site, you agree to the Terms of Use and Privacy Policy. Vous connaissez la rengaine
LĂ©gendesLĂ©gendesfrançaisAjoutez en une ligne la description de ce que reprĂ©sente ce fichierDescription[modifier] Description Français AimĂ© CĂ©saire, Discours sur le colonialisme, suivi du Discours sur la NĂ©gritude Date 10 avril 2018 Source Travail personnel Auteur Favreoc Lieu de la prise de vue45° 09âČ 54,76âł N, 5° 44âČ 58,5âł E Voir cet endroit et dâautres images sur OpenStreetMap Conditions dâutilisation[modifier] En tant que dĂ©tenteur du droit dâauteur, je publie cette Ćuvre sous la licence suivante Vous ĂȘtes libre de partager â de copier, distribuer et transmettre cette Ćuvre dâadapter â de modifier cette Ćuvre Sous les conditions suivantes paternitĂ© â Vous devez donner les informations appropriĂ©es concernant l'auteur, fournir un lien vers la licence et indiquer si des modifications ont Ă©tĂ© faites. Vous pouvez faire cela par tout moyen raisonnable, mais en aucune façon suggĂ©rant que lâauteur vous soutient ou approuve lâutilisation que vous en faites. partage Ă lâidentique â Si vous modifiez, transformez, ou vous basez sur cette Ćuvre, vous devez distribuer votre contribution sous la mĂȘme licence ou une licence compatible avec celle de lâoriginal. Historique du fichier Cliquer sur une date et heure pour voir le fichier tel qu'il Ă©tait Ă ce moment-lĂ . Date et heureVignetteDimensionsUtilisateurCommentaire actuel29 avril 2018 Ă 10353 024 Ă 4 032 1,61 MioFavreoc d contributionsCross-wiki upload from Vous ne pouvez pas remplacer ce locales du fichier Aucune page nâutilise ce fichier. Utilisations du fichier sur dâautres wikis Les autres wikis suivants utilisent ce fichier Utilisation sur Ăber den Kolonialismus Utilisation sur Discours sur la nĂ©gritude Utilisation sur AimĂ© CĂ©saire MĂ©tadonnĂ©es Ce fichier contient des informations supplĂ©mentaires, probablement ajoutĂ©es par l'appareil photo numĂ©rique ou le numĂ©riseur utilisĂ© pour le crĂ©er. Si le fichier a Ă©tĂ© modifiĂ© depuis son Ă©tat original, certains dĂ©tails peuvent ne pas reflĂ©ter entiĂšrement l'image modifiĂ©e. Fabricant de lâappareil photoAppleModĂšle de lâappareil photoiPhone SEDurĂ©e dâexposition1/25 s 0,04 sOuverture focalef/2,2SensibilitĂ© vitesse dâobturation ISO200Date et heure de gĂ©nĂ©ration des donnĂ©es10 avril 2018 Ă 1049Longueur focale de la lentille4,15 mmOrientationTournĂ© de 90° dans le sens antihoraireRĂ©solution horizontale72 pppRĂ©solution verticale72 pppLogiciel de modification du fichier10 avril 2018 Ă 1049Positionnement YCbCrCentrĂ©Programme dâexpositionProgramme normalVersion et heure de la numĂ©risation10 avril 2018 Ă 1049Signification de chaque composanteY Cb Cr nâexiste pasVitesse dâobturation APEX4,6441082802548Ouverture APEX2,2750071245369Luminance APEX1,487961651596Biais de compensation dâexposition APEX0Mode de mesureMotif gĂ©omĂ©triqueFlashFlash non dĂ©clenchĂ©, suppression du flash obligatoireHorodatage de la prise de vue originale en fractions de secondes021Horodatage de la numĂ©risation en fractions de secondes021Version FlashPix prise en charge1Espace colorimĂ©triquesRGBType de capteurCapteur de couleur sur une puceType de scĂšneImage photographiĂ©e directementMode dâexpositionExposition automatiqueBalance des blancsBalance des blancs automatiqueLongueur focale pour un film 35 mm29 mmType de capture de la scĂšneStandardLatitude45° 9âČ 54,76âł NLongitude5° 44âČ 58,5âł EAltitude216,927 mĂštres au dessus du niveau de la merHeure GPS horloge atomique0849 de vitesseKilomĂštres Ă lâheureVitesse du rĂ©cepteur GPS0RĂ©fĂ©rence pour la direction de lâimageNord magnĂ©tiqueDirection de lâimage136,19123505976Direction cardinale de rĂ©fĂ©rence pour le relĂšvement de la destinationNord magnĂ©tiqueDirection de relĂšvement de la destination136,19123505976Date du GPS10 avril 2018
ï»żDiscours sur le colonialisme dâAimĂ© CĂ©saire, 1950 dans une nouvelle version PDF N° 78 de 38 pages Sauvegarde âŒâŒâŒ Les mots, rien que les mots dâAimĂ© CĂ©saire⊠Les mots prolongement de sa pensĂ©e visionnaire, forts, puissants, nĂ©cessaires et utiles plus que jamais Ă lâheure oĂč la malfaisance rĂ©gnante sâapprĂȘte Ă nous refermer la grille totalitaire du sur la tronche⊠Jâavais lu ce texte par bribes, jamais dans son entier et sa puissance mâa renversĂ©e comme une crĂȘpe et de bout en bout. âŒâŒ Sur proposition de RĂ©sistance 71, nous pouvons vous proposer un des grands classiques de lâanalyse critique du colonialisme publiĂ© en 1955 par AimĂ© CĂ©saire Discours sur le colonialisme ». Pourquoi ? Parce que nous ne vivons en aucun cas dans un monde post-colonial » comme lâoligarchie en place se plaĂźt Ă nous le faire croire. Des continents entiers AmĂ©riques, OcĂ©anie sont toujours sous le joug colonial et oppriment en permanence les peuples originels. Les ex-peuples colonisĂ©s sont toujours opprimĂ©s par des rĂ©gimes issus dâun nĂ©o-colonialisme avĂ©rĂ© et dont les Ă©lites corrompues bouffent toujours au rĂątelier de leurs anciens maĂźtres colonisateurs⊠Halte Ă lâhypocrisie, sortir de la mentalitĂ© coloniale, de la relation oppresseur/opprimĂ© fait partie intĂ©grante de notre Ă©mancipation future. Câest une mission Ă©ducative qui passe par la connaissance et la mise au rancart de la dissonance cognitive dont bien des occidentaux font preuve. Pour preuve, en pages 4 & 5 L âEurope est indĂ©fendable. Il parait que câest la constatation que se confient tout bas les stratĂšges amĂ©ricains. En soi cela nâest pas grave. Le grave est que lâEurope » est moralement, spirituellement indĂ©fendable. Et aujourdâhui il se trouve que ce ne sont pas seulement les masses europĂ©ennes qui incriminent, mais que lâacte dâaccusation est profĂ©rĂ© sur le plan mondial par des dizaines et des dizaines de millions dâhommes qui, du fond de lâesclavage, sâĂ©rigent en juges. On peut tuer en Indochine, torturer Ă Madagascar, emprisonner en Afrique Noire, sĂ©vir aux Antilles. Les colonisĂ©s savent dĂ©sormais quâils ont sur les colonialistes un avantage. Ils savent que leurs maĂźtres » provisoires mentent. Donc que leurs maĂźtres sont faibles. Et puisque aujourdâhui il mâest demandĂ© de parler de la colonisation et de la civilisation, allons droit au mensonge principal Ă partir duquel prolifĂšrent tous les autres. Colonisation et civilisation ? La malĂ©diction la plus commune en cette matiĂšre est dâĂȘtre la dupe de bonne foi dâune hypocrisie collective, habile Ă mal poser les problĂšmes pour mieux lĂ©gitimer les odieuses solutions quâon leur apporte. Cela revient Ă dire que lâessentiel est ici de voir clair, de penser clair, entendre dangereusement, de rĂ©pondre clair Ă lâinnocente question initiale quâest-ce en son principe que la colonisation ? De convenir de ce quâelle nâest point ni Ă©vangĂ©lisation, ni entreprise philanthropique, ni volontĂ© de reculer les frontiĂšres de lâignorance, de la maladie, de la tyrannie, ni Ă©largissement de Dieu, ni extension du Droit ; dâadmettre une fois pour toutes, sans volontĂ© de broncher aux consĂ©quences, que le geste dĂ©cisif est ici de lâaventurier et du pirate, de lâĂ©picier en grand et de lâarmateur, du chercheur dâor et du marchand, de lâappĂ©tit et de la force, avec, derriĂšre, lâombre portĂ©e, malĂ©fique, dâune forme de civilisation qui, Ă un moment de son histoire, se constate obligĂ©e, de façon interne, dâĂ©tendre Ă lâĂ©chelle mondiale la concurrence de ses Ă©conomies antagonistes. Poursuivant mon analyse, je trouve que lâhypocrisie est de date rĂ©cente ; que ni Cortez dĂ©couvrant Mexico du haut du grand tĂ©ocalli, ni Pizarre devant Cuzco encore moins Marco Polo devant Cambaluc, ne protestent dâĂȘtre les fourriers dâun ordre supĂ©rieur ; quâils tuent ; quâils pillent ; quâils ont des casques, des lances, des cupiditĂ©s ; que les baveurs sont venus plus tard ; que le grand responsable dans ce domaine est le pĂ©dantisme chrĂ©tien, pour avoir posĂ© les Ă©quations malhonnĂȘtes christianisme = civilisation ; paganisme = sauvagerie, dâoĂč ne pouvaient que sâensuivre dâabominables consĂ©quences colonialistes et racistes, dont les victimes devaient ĂȘtre les Indiens, les Jaunes, les NĂšgres. Ce nâest pas un PDF de plus, ni mĂȘme une lecture de plus, ce discours sur le colonialisme dâAimĂ© CĂ©saire permet dâintĂ©grer que si lâOccident devient, sous nos yeux, lâarchipel du Goulag Levant son salut ne viendra que des peuples qui briseront les chaines du colonialisme, ensemble ! Quant Ă lâavenir de lâhumanitĂ© il passe lui et immanquablement par les peuples occidentaux Ă©mancipĂ©s de lâidĂ©ologie et de lâaction coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer lâharmonie de la sociĂ©tĂ© des sociĂ©tĂ©s sur Terre. ICI & MAINTENANT & DâOĂ-NOUS SOMMES ! Par exemple ; En rĂ©pondant activement Ă lâappel de lâEZLN POUR la formation dâun RĂSEAU DE RĂSISTANCE & DE RĂBELLION INTERNATIONAL CONTRE la sociĂ©tĂ© marchande âș Une ferme, un monde, une guerre, peu de probabilitĂ©s â EZLN 4 octobre 2018 En coordination avec les Peuples Kanaks âș NON, M. MACRON, la Kanaky nâest pas la possession de lâEmpire colonial français⊠et pour que cela ne reste pas de vains mots/maux⊠LECTURES COMPLĂMENTAIRES CONNEXES LâAnarchisme Africain, histoire dâun mouvement par Sam Mbah et Igariwey âș Afrique ? La solution câest lâAfrique ! PaĂŻens en Terre Promise, DĂ©coder la doctrine chrĂ©tienne de la DĂ©couverte, de Steven Newcomb ; Comprendre le systĂšme lĂ©gal de lâoppression coloniale pour mieux le dĂ©monter avec Steven Newcomb et Peter dâErrico, en lien ANTHROPOLOGIE POLITIQUE ORIGINE & CRITIQUE DE LâĂTAT ; AVEC⊠Pierre Clastres, Marshall Sahlins, David Graeber, James C. Scott ; LâArt de ne pas ĂȘtre gouvernĂ©s & Contre le grain, une histoire profonde des premiers Ătats ; Jean-Paul Demoule, Alain Guillerm, MarylĂšne Patou-Mathis ; Le Dr. Ashraf Ezzat ; RĂ©sistance 71 ; Toutes les autres versions PDF gĂ©opolitique, dâanthropologie politique, Histoire & Socio-biologie ; Dans cette page spĂ©ciale de mon blog âș LES PDF DE JBL 1960 ; Pour nous permettre Ă tous de FAIRE TOMBER LâEMPIRE sans armes ni haine ni violence⊠JBL1960
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